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Var-Matin

du 24 avril 2020 par Claude Serra

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À The Voice, « les gens du public ne comprenaient pas ce que je disais »,
le Revestois Atef sort son premier album en français

Demi-finaliste de The Voice en 2012, le chanteur “à la voix d’ange “diffuse aujourd’hui, sur les plateformes digitales, son premier album composé dans la langue de Molière. Entretien.

C’est un album plein d’espoir, intitulé Le soleil se lève, que vient de signer le chanteur Atef, qui est d’ailleurs actuellement confiné dans son village du Revest. Pour Var-matin, il revient sur l’aventure The Voice et se confie sur une blessure qui a été un déclic pour sa vie d’artiste…

Entre des titres en anglais et en français, votre cœur balance pour… ?

Avant je n’écrivais qu’en anglais et dans d’autres langues étrangères, mais jamais en français. En fait, la première fois que j’ai vraiment chanté en français de manière professionnelle devant un public, c’était pour la “battle” de The Voice. Je devais interpréter : Lettre à France, de Michel Polnareff, un titre que je ne connaissais pas, d’autant que j’étais un peu hermétique à cette manière de chanter des années 70. Je venais de la soul et de la world musique, alors ce type de chanson française languissante, vraiment ce n’était pas mon truc!

C’est donc l’aventure The Voice qui vous a poussé à chanter en français ?

C’était un challenge à relever, mais heureusement, il y avait trois semaines pour préparer cette épreuve. La première semaine je n’ai rien fait, en me disant: “De toute façon je perds!”

La deuxième, je me suis dit: “Allez, il faut quand même que je m’y mette”. Et là, je me suis mis à jouer au piano, cherchant les accords et analysant le titre. Du coup, ça m’a rappelé le titre Hier encore, de Charles Aznavour, et aussi un peu Les feuilles mortes. En fait, ça me rappelait quelque chose que je connaissais et que j’aimais bien fredonner. Donc j’ai commencé à intégrer les choses, sachant que je n’avais jamais étudié de « manière » de chanter en français.

Du coup, comment vous êtes-vous préparé ?

Je me suis mis à écouter de la chanson française, ce que je fais encore beaucoup aujourd’hui. Et puis lors de la troisième semaine de préparation à la “battle”, j’ai trouvé le son. Et je suis sorti victorieux de cette épreuve, alors que, pour moi, c’était ce soir-là que je devais quitter l’aventure!

Pour autant, vous avez sorti un album en anglais tout juste après l’aventure The Voice…

Eh oui. Après l’émission, j’ai fait mon premier album, que j’avais composé en Angleterre, Perfect stranger, sorti en 2014. Mais il faut savoir qu’en 2013, je l’avais interprété devant le public de Christophe Maé en première partie de son concert à Solliès-Pont (au festival du Château), et les gens avaient adoré les chansons, la voix, la mélodie. Mais j’entendais certains qui disaient: “En français! En français!” Certes, j’avais été programmé en première partie d’un chanteur francophone… Mais ça m’a quand même touché.

Les gens du public ne comprenaient pas ce que je disais, et pourtant ce que je chante, c’est ce que j’ai au plus profond de moi et c’est beau! Alors ça m’a un peu blessé. Je me suis dit “Mais je m’adresse à qui en fait?” Et c’est resté dans un coin de ma tête…

Est-ce que cette “blessure” vous a fait prendre un autre chemin artistique ?

J’ai fini par me faire des playlists de toutes les chansons françaises qui me plaisent. Et je me suis mis à les analyser, et sans m’en rendre compte, je me suis mis à vraiment travailler le son français. C’était un travail de long terme puisque, au final, ça a mis sept ans avant que je ne termine la dernière note de cet album en français! Sept années de remise en cause, et de recherches.

Où avez-vous trouvé votre inspiration pour ces nouveaux titres ?

J’habite un lieu idéal pour écrire, composer et enregistrer. Nous avons une qualité de vie unique dans le Var. Et mon village du Revest est un lieu que je ne veux plus quitter. J’y trouve le calme et la sérénité. Regardez les Pink Floyd, ils avaient trouvé le plus grand des studios d’enregistrement au domaine de Miraval à Correns!

Parlez-nous de cet album intitulé « Le soleil se lève »…

C’est une synthèse de mes influences et de mes voyages. J’ai du mal à comprendre les frontières entre les gens et entre les genres musicaux. Quand je découvre une nouvelle musique, elle n’est pas un exotisme avec lequel je me déguise, mais elle devient ma culture, mon ADN.

Cet album est donc un son d’aujourd’hui, coloré de musiques du monde. Parmi les musiciens qui ont participé, il y a Louis Bertignac à la guitare et Levon Minassian au doudouk. Les textes sont emprunts d’humanité et d’espoir. Ils abordent les thèmes de la migration, de la famille et le pouvoir de la jeunesse à changer le monde.

Et sinon, comment vivez-vous cette période de confinement ?

Ce n’est pas parce qu’on est confiné que la vie s’arrête! Dans mon album, mon message est positif et engagé. J’ai l’impression que les cœurs s’ouvrent plus en ce moment et que les oreilles sont prêtes à entendre des mots qui n’auraient pas eu autant de résonnance qu’avant. J’espère que le public sera sensible à mon univers. Sa sortie se fera exclusivement de façon numérique pour l’instant.

 

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